Bonjour à tous !

Eh bien ça y est, le premier trimestre scolaire s’achève déjà et l’Arbre à mots est, comme les enfants, en vacances jusqu’à la nouvelle année. Mais avant de se pencher vers elle, faisons un petit bilan de cette première et déjà fantastique expérience en école primaire 🙂

Bonne pêche

Une petite fille allait pêcher.
Les poissons gigotaient dans tous les sens dans une rivière près d’une grotte de
mammouths.
Un requin marteau et des poissons globes passèrent par là.
Elle en profite pour les mettre dans son bocal vide et les ramener chez elle.

Groupe de petits, le 05 octobre 2015

2015.10.09 - grands - photo

Nous avons donc continué à nous retrouver, avec les « grands » en première heure, et les « petits » en seconde. C’est bien sûr avec ceux qui disposent de l’écriture que l’exercice est le plus fructueux. Gardons donc le meilleur pour la fin. Ce qui nous marque, quant aux petits du CP et du CE1, c’est leur appétence non seulement pour l’histoire, mais aussi pour le fait d’écrire. On sent qu’ils voudraient déjà maîtriser la chose comme de fiers adultes, car eux pressentent que c’est un outil fantastique qui donne d’infinies possibilités, et alors ils s’y mettent, presque malgré nous, sans faire de manières ni s’arrêter aux sons ou aux graphies qui manquent. Un doux mélange de bluff et d’optimisme qui n’est pas pour nous déplaire, car si d’autres se contentent de dessiner, la plupart raconte, et même quand la page devient ou s’avérait être vide, ils la fixent et prononcent. Ce n’était pas prévu, mais ils s’exercent ainsi à l’improvisation. Et là, c’est de notre côté qu’on lutte contre l’envie d’aller plus loin et plus vite : point de logique, de hiérarchie, d’agencement, les notions de début, de milieu et de fin sont probablement encore de l’ordre de la biochimie, mais ils malaxent, ils essayent, ils s’expriment et devant le groupe, un groupe difficile par ailleurs, car ils ont en fait plus de mal à (s’)écouter qu’à prendre la parole. Il y a donc avec ces plus jeunes bien des chantiers à dégrossir… et probablement mieux à proposer encore pour favoriser leur progression. Plus de jeux plus concrets peut-être, du poème, de la chanson, du théâtre… davantage de coopération ? un tout petit peu moins de liberté ? Difficile de se résoudre à cette dernière hypothèse, car si c’est un poil chaotique en l’état, ils aiment entendre, même d’une seule oreille, illustrer vaguement et tenter à leur tour de conter, et tout ça c’est, au fond, déjà très bien.

Une fille appelée Amélia habite à côté d’un arbre qui était le plus rare.
Elle avait un chien qui s’appelait Chouchoute et un serre-tête magique. [l’histoire ne dit pas
ce qu’elle en fait ni quels sont ses pouvoirs…]
Sa maman était une fée…

Amélia, le 06 octobre 2015

2015.11.03 - petits - v2

Les grands, de leur côté, ont (pris) conscience du déroulé narratif. La plupart tronçonne désormais son histoire en chapitres qu’ils rédigent jour après jour. L’émulation des groupes d’amis fait un bien fou et nous avons entamé les lectures collaboratives, de sorte qu’un écriveur est accompagné de quelques-uns qui lisent les lignes qui les font parler dans la diégèse. On régresse un peu côté fluidité, car il faut accorder ses violons et réussir à lire le brouillon de l’autre, mais on gagne en vie et l’on fait le pont vers le théâtre qui peut-être, le moment venu, aidera à renouveler la formule.

Dame de Brassempouy

Il y a deux hommes préhistoriques.
L’un des deux est mort à cause du papa mammouth.
Des lapins crétins débarquent avec leur machine à voyager dans le temps.
Ils se font pourchasser par des tigres à dents de sabre qui rentrent dans le mammouth.
Les deux hommes étaient venus chercher la statuette de Brassempouy sculptée avec des cornes de mammouth.
Pendant la bagarre, l’homme qui a survécu en profite pour la récupérer et partir avec

Groupe de petits, le 05 octobre 2015

C’est un réel plaisir de baigner dans ces narrations de plus en plus libres et de plus en plus construites pourtant. La synergie avec les apprentissages scolaires est nette et pour peu qu’ils s’acharnent, ils iront loin. Il est clair en cette fin d’année que certains se sont pris au jeu et le groupe aurait plutôt tendance à grandir qu’à s’amenuiser malgré quelques malheureux abandons. Une quinzaine de participants en moyenne par atelier, une bonne vingtaine d’enfants concernés plus ou moins par tranches d’âge, c’est donc, à la louche, une quarantaine de gamins qu’on influence plus ou moins. De se frotter à tout ce potentiel, d’essayer de le guider, de l’animer, est tout simplement une chance, surtout dans ces bonnes conditions.

Quid de la suite alors ? Eh bien cela dépend notamment de la motivation des enfants à la maison, et donc de l’intérêt des parents, car en attendant d’éventuels recueils qui pourraient poindre un jour si nous gardons ce rythme, il s’agirait de passer du brouillon au retravail, et pour ça, la dactylographie est d’autant plus adaptée qu’elle permet de transmettre ensuite à l’association, qui serait ravie de publier ici les textes pour commencer. Adresse email a été transmise, proposition a été faite, nous verrons bien… Après ces 46(x2) premiers ateliers (diantre !), il va aussi falloir continuer à trouver thématiques et propositions d’écriture, les insérer davantage dans une continuité favorisant les prises de conscience, ne jamais oublier ni mettre de côté l’amusement et bien sûr tester et s’adapter encore. Tout un programme… qu’on est à vrai dire encore loin d’avoir formalisé !

Un monstre méchant avec des torches partout trouve un dragon, monte dessus et vole avec.
Sauf qu’il tombe la tête la première dans un arbre plein de cornes d’animal et avec des dents.
C’est en fait un arbre capable de marcher avec ses racines et créé par une sirène.
Il a tendance à s’emmêler les racines et à tomber lui aussi.
Il y avait un perroquet dans l’arbre. Le méchant monstre lui dit :
­ – Laisse-­moi tranquille méchant perroquet !
Mais le perroquet ne fit que répéter.
Inquiété d’être mangé, il dit :
­ – Ne me mangez pas ! Ne me mangez pas ! Ne me mangez pas !

Groupe de petits, le 06 octobre 2015

Mais chaque chose en son temps. Profitons d’abord de ces deux semaines de creux pour nous ressourcer et faire un peu de vide, il sera temps de reprendre notre marathon bien assez tôt ! Et nous viserons, vaillant, les beaux jours, c’est promis 😉 Même si cet hiver est étrangement clément, c’est alors que nous aurons gagné, et si possible tous ensemble ! On y croit !

2015.12.18 - grands - final en beaute

2015.10.08 - grands - photo2

2015.11.27 - grands - duo de gabins

Sur ce, nous vous souhaitons de bonnes fêtes à tous !
Jérôme et Pierre-Arnaud.

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